Rencontre avec la coopérative des producteurs de semences de Molodo
La coopérative de semenciers de Molodo au Mali, sur les semences améliorées.
Comment votre coopérative est-elle née ?
Au départ, c’était une association de production de semences, on semait à la volée et on ne s’intéressait pas beaucoup à la qualité. Mais la technologie a changé. On a été initiés au repiquage et on s’est demandé ce qu’il fallait faire pour avoir de meilleures semences. On est devenu une association de paysans semenciers mais on avait des difficultés d’écoulement car les semences étaient peu connues. Après, on a su que l’AOPP cherchait des producteurs pour produire des semences. On avait envie d’être ensemble pour devenir une force, avoir du poids et être connus même au-delà de la zone. Nous avons adhéré à huit, et nous avons essayé une parcelle de ¼ ha chacun et ça a bien donné. Nous sommes alors devenus une coopérative de semence de R 1. Aujourd’hui, avec l’AOPP, les gens commencent à s’intéresser et ça a permis de diffuser l’information dans toute la région. La première année, nous avons cultivé ¼ ha par personne et nous avons produit 9 tonnes de semences. La deuxième année, nous avons cultivé 9 ha en semences pour une production de 39 tonnes. Cette année, nous avons cultivé, à sept, 11,5 ha et obtenu 50 tonnes.
Ce sont des bons résultats. Cultiver des semences demande davantage de soin ?
Nous avons des crédits pour aider à la production et à la commercialisation, ce qui nous permet de mettre le paquet au moment du travail, et d’avoir les appuis nécessaires. Nous travaillons avec un plan prévisionnel. En début de campagne, chaque producteur annonce ce qu’il va cultiver comme surface et l’AOPP a exigé un rendement de quatre tonnes minimum à l’hectare pour être paysan semencier reconnu.
A quel moment les coopérateurs seront-ils payés ? Y a-t-il un système d’avance ?
Nous avons signé une convention entre les membres. Elle dit qu’on ne fait pas d’avances. Quand la vente est finie, la coopérative commence par rembourser les crédits. Le reste de l’argent est ensuite redistribué entre nous.
Quelle évolution voyez-vous à votre coopérative ?
C’est une question de moyens. A sept, nous remplissons complètement notre magasin. L’Etat devrait trouver un système d’accompagnement des producteurs pour développer l’activité puisque le besoin est là et que son Service semencier ne suffit pas à la tâche.